Bien manger pour son cerveau : ce que disent vraiment les études
Myrtilles, noix, poisson gras… On lit partout que certains aliments « boostent » la mémoire. La réalité scientifique est plus nuancée, mais une façon de manger ressort nettement des études. Voici ce qu’on sait vraiment, et comment l’appliquer simplement.
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Le cerveau ne représente qu’environ 2 % du poids du corps, mais il consomme une grande partie de notre énergie. Il est donc logique que l’alimentation compte pour lui. Reste à séparer les promesses marketing de ce que la recherche a réellement montré.
Le modèle méditerranéen, le mieux étudié
De nombreuses études observationnelles associent l’alimentation de type méditerranéen à un déclin cognitif plus lent et à un risque plus faible de démence. Elle repose sur :
- beaucoup de légumes, de fruits et de légumineuses ;
- des céréales complètes ;
- l’huile d’olive comme matière grasse principale ;
- des noix et oléagineux ;
- du poisson régulièrement ;
- peu de viande rouge, de charcuterie, de sucreries et de produits ultra-transformés.
Le régime MIND : une piste, pas une baguette magique
Des chercheurs ont combiné le modèle méditerranéen et un régime conçu contre l’hypertension pour créer le régime MIND, qui met l’accent sur les légumes à feuilles vertes et les petits fruits rouges. Les premières études d’observation étaient prometteuses. Mais en 2023, un essai clinique rigoureux, publié dans le New England Journal of Medicine, n’a pas montré de différence nette sur la mémoire après trois ans, par rapport à une alimentation équilibrée de comparaison.
Il n’existe pas d’aliment « anti-Alzheimer ». C’est l’ensemble d’une façon de manger, sur des années, associée aux autres gestes santé, qui compte.
Et les compléments alimentaires ?
Les compléments d’oméga-3, de vitamines ou de plantes vendus « pour la mémoire » n’ont pas fait la preuve qu’ils préviennent le déclin cognitif chez les personnes sans carence. Mieux vaut manger du poisson gras (sardines, maquereau, saumon) une à deux fois par semaine. Une carence en vitamine B12, plus fréquente avec l’âge ou une alimentation végétalienne, peut en revanche donner des troubles de mémoire : elle se dépiste par une prise de sang.
Dans l’assiette, concrètement
- Des légumes à chaque repas, dont des légumes verts à feuilles (épinards, salades, choux) plusieurs fois par semaine.
- Une poignée de noix ou d’amandes non salées par jour.
- Des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) au moins deux fois par semaine.
- Du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras.
- De l’huile d’olive ou de colza pour cuisiner et assaisonner.
- Des petits fruits (myrtilles, fraises, framboises), frais ou surgelés.
- Moins de produits ultra-transformés, de sucreries et de boissons sucrées.
- Peu ou pas d’alcool : il n’existe pas de dose « protectrice » pour le cerveau.
Le cerveau aime aussi…
…les repas partagés, une hydratation suffisante (la déshydratation fatigue et trouble la concentration, surtout chez les personnes âgées) et une alimentation qui évite les grandes variations de glycémie. Bien manger pour son cerveau, c’est finalement bien manger pour tout le corps.