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Vendredi 23 octobre 2026

Corps & bien-être

Arthrose : quand la radio ne dit pas tout

Une radio « catastrophique » et presque pas de douleur, ou l’inverse : c’est fréquent avec l’arthrose. Car la douleur ne dépend pas que du cartilage. Comprendre ce qui se joue autour de l’articulation change tout dans la façon de se soigner.

Femme assise tenant son genou douloureux
Photo : Unsplash
Sommaire de l’article
  1. Radio et douleur : un lien plus faible qu’on ne le croit
  2. Ce qui fait vraiment mal dans l’arthrose
  3. Le traitement de base : bouger
  4. Soulager les douleurs
  5. Quand consulter rapidement ?

L’arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente : elle touche une grande partie des personnes après 50 ans, et les femmes sont particulièrement concernées pour le genou et les mains. On la décrit souvent comme une « usure du cartilage ». C’est vrai, mais incomplet, et c’est pour cela que la radio ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Radio et douleur : un lien plus faible qu’on ne le croit

Les études le montrent depuis longtemps : il existe un décalage fréquent entre ce que montre la radiographie et ce que ressent la personne. Certaines radios très abîmées s’accompagnent de peu de douleurs, tandis que des images peu marquées peuvent être très douloureuses. Le diagnostic d’arthrose repose d’ailleurs d’abord sur l’examen clinique : la radio sert surtout à confirmer et à éliminer d’autres causes.

Ce qui fait vraiment mal dans l’arthrose

  • L’inflammation de la membrane qui entoure l’articulation, lors des poussées (genou chaud, gonflé, douleurs la nuit).
  • L’os situé sous le cartilage, qui réagit aux contraintes.
  • Les muscles : des muscles affaiblis (comme le quadriceps pour le genou) protègent moins bien l’articulation.
  • Le poids, qui augmente les contraintes mécaniques et entretient une inflammation de bas grade.
  • Le sommeil, le stress et le moral, qui modifient la perception de la douleur.

Bonne nouvelle : la plupart de ces facteurs peuvent s’améliorer, même si le cartilage, lui, ne se « répare » pas.

Le traitement de base : bouger

Toutes les recommandations, en France comme en Europe, placent en premier une approche sans médicament :

  • L’activité physique régulière et adaptée : marche, vélo, natation, aquagym… Le mouvement nourrit le cartilage et entretient les muscles. Le repos prolongé, lui, aggrave la raideur.
  • Le renforcement musculaire, idéalement appris avec un kinésithérapeute.
  • La perte de poids en cas de surpoids : perdre quelques kilos soulage déjà nettement le genou.
  • Des chaussures confortables et, si besoin, une canne du côté opposé au genou douloureux lors des poussées.

Soulager les douleurs

Selon les cas, le médecin peut proposer des anti-inflammatoires en gel à appliquer sur le genou ou les mains, des anti-inflammatoires par voie orale sur de courtes périodes, ou une infiltration lors d’une poussée. Le paracétamol a une efficacité modeste. Les compléments alimentaires (glucosamine, chondroïtine, curcuma…) ont des résultats décevants ou incertains dans les études : parlez-en avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement. Quand l’articulation est très abîmée et que la gêne est importante malgré tout, une prothèse peut être discutée.

Quand consulter rapidement ?

Une articulation brutalement gonflée, rouge et chaude, avec de la fièvre, des douleurs qui réveillent toutes les nuits, un dérouillage matinal de plus de 30 minutes touchant plusieurs articulations ou une perte de poids inexpliquée doivent faire consulter : ce ne sont pas des signes habituels d’arthrose.

Sources

  1. Haute Autorité de santé — Prise en charge de la gonarthrose
  2. Société française de rhumatologie — Fiches patients
  3. Assurance Maladie — Arthrose
  4. EULAR — Recommandations sur l’arthrose

L’autrice

SuperS

La rédaction d’Super Sister : des femmes qui écrivent pour les femmes, avec rigueur et bienveillance.

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